
Je me suis promis que le jour où je rentrerais en France, je me ferais enfin couper les cheveux. Une nouvelle coupe pour une nouvelle vie!
Pendant longtemps, mes cheveux sont restés très longs. Pratiques, fidèles, efficaces : une queue de cheval faite en dix secondes et hop, on passe à autre chose. En Angleterre, lorsque je m’occupais de ma petite belle-mère, le temps me manquait cruellement, et aller chez le coiffeur faisait clairement partie de la liste des choses “non essentielles.”

Je savais que je n’aurais pas vraiment le temps pour des rendez-vous capillaires réguliers. Alors, comme beaucoup d’autres projets ambitieux, cette coupe de cheveux a été reportée… jusqu’au grand retour en terre française attendu depuis longtemps.
Sur le papier, ça devait être un moment libérateur. Une renaissance. Une scène digne d’un film : moi, quittant le salon de coiffure au ralenti, cheveux au vent, musique inspirante en fond. Dans la réalité, ce fut plutôt un épisode traumatisant, style je glisse sur le trottoir et je m’étale sans grâce dans le caniveau devant des dizaines de témoins. Et encore je crois que j’aurais même préféré cette humiliation à la coupe qui m’attendait!
La coiffeuse ne jurait que par le rasoir. Moi, je jurais intérieurement. J’ai pourtant précisé que mes cheveux préféraient la coupe aux ciseaux. Manifestement, mes cheveux n’avaient pas voix au chapitre. Elle ne m’a pas vraiment écouté, mais m’a dit : « Faites-moi confiance. » Petit conseil: N’écoutez JAMAIS un coiffeur lorsqu’il ou elle vous dit ces trois mots! Big mistake!
Très vite, j’ai eu un étrange sentiment de déjà-vu. Celui de Monica dans Friends, quand elle demande à Phoebe la coupe de Demi Moore et ressort avec celle de Dudley Moore. 😂 Sauf qu’à ce moment-là, je ne riais PAS DU TOUT.
La jolie coupe mi-longue, élégante et moderne que j’avais imaginée s’était transformée en quelque chose d’indéfinissable. Un mélange audacieux entre une perruque d’épouvantail, une tentative ratée de coupe punk et un appel à l’aide capillaire. 😡 Je n’ai pas osé prendre une photo à la sortie du coiffeur, mais honnêtement, ce n’était pas loin de la coupe de Jacquouille dans “Les Visiteurs”! 😂
De retour à la maison, le seul recours a été de sortir la tondeuse pour tenter d’égaliser tout ça et obtenir une coupe un peu plus nette… mais aussi, malheureusement, beaucoup plus courte que ce que j’avais envisagé.
Le seul vrai réconfort dans cette histoire, c’est que Timothy, lui, adorait. Enfin… c’est ce qu’il disait. Je le soupçonne fortement de préférer Demi Moore à Dudley Moore — et d’être beaucoup plus indulgent que moi sur la question capillaire. 😄
Et puis, bien sûr, il y a cette grande vérité universelle à laquelle on s’accroche désespérément : les cheveux repoussent.
Oui. Mais pas demain. Et certainement pas assez vite. 😣
Mais je ne suis pas du genre à me laisser abattre. La coupe courte a finalement ses avantages : elle est pratique, supportable pendant les grosses chaleurs, et je gagne un temps fou pour me laver et sécher les cheveux. Je me persuade aussi que Timothy adore le nouveau look de sa femme — et, au pire, l’amour rend aveugle, non ? Quant à moi, j’ai décidé d’adopter une nouvelle philosophie capillaire : les cheveux repoussent, l’humour aussi, et la dignité… parfois un peu moins. Mais l’humour et la capacité à rebondir sont déjà bien là!
Allez Véronique, souris pour la photo. De toute façon, dans six mois, tout ça ne sera plus qu’une très bonne blague. 😄✂️
